J'sais plus dans quel sens vient le vent
[ Paris - le 21 Juillet 2006 ]
J'ai l'impression que si j'abandonne, je n'existe plus. Cet endroit ne me caractérise pourtant pas. Ça ne représente pas la moindre parcelle de ma vie; au mieux, je pourrais le qualifier d'un vide-pensées. Cherchant à graver ces idées, aussi futiles soient-elles, dans une part d'éternité. Comme pour se souvenir. Des erreurs passées. A ne plus reproduire.
Et mes doigts, qui errent seuls, le long de mon clavier. Ils connaissent l'ordre des touches mieux que moi. Ce sont eux qui parlent. Ceux qui racontent, qui narrent et trouvent les mots pour décrire ce fouillis.
Et si j'arrêtais? Je ne pourrais pas. Tant que j'écris, c'est que je suis. Parce qu'au fond, écrire ici, c'est vouloir que l'on sache. C'est avoir la fausse impression d'être importante; croire que l'on se soucie. Mais on ne se soucie plus. Pas de cette manière, disons. Les raisons de venir cracher ma vie, ici, ne sont pas les bonnes. Le dessein de ce vide-pensées, a changé; il n'est plus louable.
C'est ce monde, qui tourne. Trop vite. Ce sont les gens, qui ne cherchent pas à comprendre, qui ne se parlent plus. Chercher à rentrer dans la danse peut être renversant. Et reprendre son souffle devient alors obligatoire.
C'est un moyen de se nourrir, de s'imprégner de la vie des autres; sans pour autant en maîtriser l'accès. Alors, on crache ses mots, on dégueule ce fouillis d'encombrantes pensées, en espérant que ça libère de la place, à l'intérieur. J'ai besoin de cet endroit; je l'alimente comme je me nourris de lui. Cette putain de bouffée d'oxygène. Mieux qu'un foutu papier gratté à la mine 0.7 d'un critérium.
C' n'est qu'une confrontation avec l'autre. Avec l'autre "soi" pour se comprendre, un peu plus.
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