"autopsy" sur un air de old-school

Publié le par Soally

 

 

 

The A team - Ed Sheeran

 

 

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Se souvenir des belles choses - Montmatre - Octobre 2010.

 

 

C'était l'autre soir. Il y avait la fenêtre et les lumières de la ville la nuit. C'est beau une ville de nuit. C'est silencieux. Je me suis penchée à la fenêtre. Et tout m'est revenu. Comme un souvenir un peu lointain. De ceux qui se floutent avec le temps. Depuis, il y en a eu des kilomètres de chemin parcourus...

Je t'en ai voulu. Et même avec ces quelques années de recul je ne parviens toujours pas à savoir de quoi. Ce n'était peut-être pas une bonne période; l'âge ingrat j'appelle ça. Je m'en veux. Terriblement. Mais les mea culpa ne se font pas sur le web. Ils n'auraient alors aucune portée. Puisque tu ne les liras pas. Jamais. Tu ne perds pas ton temps ici.

Avant, je t'aurai fait des excuses. Aussi plates que peuvent l'être de sincères excuses d'enfant. C'était le bon vieux temps. L'age de mon insouciance. Et l'adolescence est passée par là. En faisant tout son remue-ménage. Notre ménage. Notre famille et notre vie format A4. Je n'ai plus de souvenirs. J'ai balayé ce que je ne voulais plus voir, plus savoir, plus retenir. J'ai mis à distance les situations gênantes, les crises de larmes, les soirées d'inquiétude, le cœur qui bat de peur, de rage, de colère à 3000 pulsations/minute. J'ai pris sur moi. J'ai appris à gérer les situations d'urgence, le cas critique, l'entre-deux et les « no man's land ».

Au moment où l'on cherche plus que tout à ne pas se faire remarquer, tout en essayant paradoxalement de trouver notre identité. Je me suis mise entre parenthèse. J'ai vécu pour vous. Pour ne pas être embêtante. Ne pas en rajouter encore d'avantage. Je me suis appliquée à être quelqu'un de lisse. Quelqu'un qui ne fait pas de vague. J'ai tenté de coller au mieux à la peau de la petite fille parfaite. Qui dit bonjour. Qui a de bons résultats scolaires. Qui n'inquiète pas. Qui ne dérange personne. Je me suis moulée à cette fille là, dépourvue de la moindre personnalité, incapable de dire non ou de se manifester. Je suis devenue une personne dépersonnalisée.

Il n'en fallait pas plus. J'ai mis du temps à avancer. Non pas pour me reconstruire. Mais pour me construire. Tout restait à faire, il faut dire...

Depuis, j'ai gardé mes traces. Je ne supporte pas les cris et les pleurs d'angoisse. Mais je vais m'atteler à la tâche de tout réparer. J'ai enduis la surface. Je sais bien que j'aurais dû commencer par le gros œuvre mais je viens tout juste de trouver le mode de mon emploi. Je me laisse le temps. Construire prend du temps. Et tout sera bientôt comme neuf. Pas comme si de rien n'était puisque je suis faite de tous mes morts, de toutes mes inquiétudes; de mes blessures. Et de mes victoires.

 

Publié dans avant-première

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